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Angoisse (Psychologie)

Extrême inquiétude; peur irrationnelle. —— L’angoisse est une sensation pénible de malaise profond, déterminée par l’impression diffuse d’un danger vague, imminent, devant lequel on reste désarmé et impuissant. Le plus souvent, cet état s’accompagne de modifications neurovégétatives comparables à celles que l’on observe dans les chocs émotionnels : palpitations de cœur, sueurs, tremblements, vision brouillée, etc. L’angoisse peut provenir d’un conflit intérieur (par exemple, lorsqu’on réprime son agressivité), d’une activité sexuelle insatisfaisante, ou d’une perte d’amour (un deuil, la désapprobation d’une personne chère…) qui réactive un vieux sentiment d’abandon, dû à de précédentes expériences pénibles. Dans certains cas pathologiques, ce n’est pas la situation réelle qui engendre l’angoisse, mais des fantasmes, des représentations imaginaires d’une situation conflictuelle inconsciente. Par exemple, chez certains enfants enclins à la masturbation, les menaces maladroites des parents, qui viennent se greffer sur un fond de culpabilité, peuvent entraîner de fortes réactions émotives et des conduites inadaptées, liées à l’angoisse de castration, à la crainte d’être mutilé ou de perdre le membre viril.

L’angoisse n’est pas, en soi, un phénomène pathologique. Elle est liée à la condition humaine. D’après les observations du psychanalyste américain R. Spitz, la première manifestation d’angoisse véritable se produit chez le bébé, vers le huitième mois, en l’absence de la mère et à l’approche d’un étranger, brusquement reconnu comme étant différent de cette dernière. Loin d’être une manifestation anormale, ce comportement est le signe d’un progrès. Il est la preuve que l’enfant a atteint la capacité de distinguer entre familier et étranger, et que son développement affectif se déroule normalement. Par la suite, aux moments importants de l’existence, quand une nouvelle adaptation se révèle nécessaire, l’individu retrouve, temporairement, l’angoisse. S’il est incapable de créer les conditions de cette adaptation, l’insécurité persiste, qui peut le conduire à la névrose ou à la psychose.
(V. abandon, fantasme, masturbation, névrose, psychose.)