«

»

Apprentissage

Acquisition d’un nouveau comportement, à la suite d’un entraînement particulier. ―— Ce terme désignant des situations aussi diverses que l’acquisition de la marche ou de la propreté, d’habitudes alimentaires, d’un métier, etc., il paraît impossible de donner une théorie unique de ce phénomène qui soit pleinement satisfaisante. L’apprentissage constitue un changement adaptatif observé dans le comportement de l’organisme. Il résulte de l’interaction de celui-ci avec le milieu. Il est indissociable de la maturation physiologique et de l’éducation.
Entre plusieurs sujets soumis au même apprentissage, on constate des différences, parfois considérables, qui sont dues aux facteurs personnels, tels que l’âge, l’intelligence, la motivation et l’attitude plus ou moins active de chacun. Les meilleures conditions sont réalisées lorsque les individus sont de jeunes adultes, intelligents, ayant une motivation moyenne (si celle-ci est trop forte, elle peut engendrer l’anxiété), et qui œuvrent activement au développement de leurs connaissances. Celles-ci sont facilitées par les louanges et les récompenses, qui renforcent la motivation, et par une répartition assez large des essais dans le temps, variable avec les sujets et les tâches à apprendre.

L’apprentissage ne conditionne pas seulement les acquisitions individuelles : il participe à l’élaboration de la personnalité entière. C’est ce qu’ont bien vu les psychanalystes qui, pour comprendre les conduites actuelles, explorent systématiquement le passé des malades, jusqu’à la petite enfance, afin de retrouver les situations traumatisantes et les attitudes infantiles susceptibles de les expliquer. La révolte de l’enfant envers son père se retrouve dans le comportement frondeur de l’adulte qui accepte mal l’autorité de ses chefs. Il ne s’agit pas, ainsi qu’on pourrait le croire, d’un conditionnement, mais, plutôt, de la généralisation d’un apprentissage social. La théorie du conditionnement, pour séduisante qu’elle soit, reste contestable dans ce cas. En effet, l’organisme ne se contente pas de réagir, d’une manière automatique, à des stimulus complexes il en saisit le sens, il en apprend la signification.

Pour une confirmation de cette thèse, on peut se reporter à certains travaux de psychophysiologie nerveuse, effectués sur des primates. Si, par exemple, après avoir habitué un singe à se servir de sa main droite pour répondre à un excitant déterminé, on crée une lésion cérébrale dans la zone motrice correspondante, on constate que l’animal reste capable d’accomplir la même réponse manuelle, facilement, avec sa main gauche. Il faut donc supposer qu’il y a eu, dans ce cas, non plus simple conditionnement, mais bien acquisition d’une action intensionnelle. Parmi les diverses théories de l’apprentissage, celle de Tolman paraît la plus satisfaisante. D’après cet auteur, l’organisme, motivé, s’oriente vers un but; il anticipe un certain résultat que l’apprentissage vient confirmer. Ce schéma général semble mieux adapté aux faits observés que d’autres explications mécanistes. (V. conditionnement, maturation.)