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Aveu

Reconnaissance d’une action difficile à révéler. —— L’aveu peut être spontané ou provoqué. Il peut avoir un effet bienfaisant, quand la faute cachée, démesurément grossie par le sujet, représente pour celui-ci une charge écrasante. Et l’on a pu observer de spectaculaires guérisons d’affections psychosomatiques à la suite de l’aveu d’une conduite réprouvée par la conscience morale. Cette fonction libératrice de l’aveu est couramment utilisée par la confession religieuse et la psychanalyse.

Dans le domaine judiciaire, la recherche systématique de l’aveu — qui est la solution de facilité d’un procès — expose les juges à de graves mécomptes. Il n’est pas rare que des innocents soient condamnés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Ils ont avoué, certes, mais pour quelles raisons? Certains préfèrent se sacrifier pour sauver les coupables. D’autres, débiles, suggestibles, incapables de résister à la pression morale exercée sur eux, on arrivent à croire qu’ils sont réellement fautifs; d’autres, enfin, signent des procès-verbaux d’aveux à la suite d’interminables interrogatoires, qu’ils veulent faire cesser, pour pouvoir dormir et avoir la paix.