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Bouderie

Etat d’une personne qui boude. — L’enfant puni, rempli d’amertume et de ressentiment, s’en va bouder dans sa chambre, pour fuir le contact des membres de son entourage qui ont assisté à la réprimande et contre lesquels il nourrit des sentiments hostiles. Quand il en sort, il évite d’avoir la moindre relation avec eux, refusant de leur parler ou même de les regarder. Ostensiblement, il vit comme s’il était absent, ruminant sa hargne et sa rogne. Cette attitude, qui est fréquente chez les enfants et les adolescents, se rencontre aussi à l’âge adulte, chez les femmes surtout. Elle se manifeste généralement dans le milieu familial, à l’occasion de prétextes parfois futiles. La bouderie, expression mineure de l’agressivité, est l’arme des faibles, et en même temps l’aveu de leur impuissance. Chez l’adulte, elle correspond à une attitude de fixation ou de régression à un stade infantile. Le boudeur réagit comme s’il était toujours un enfant devant ses parents frustrants. Un homme qui boude son épouse parce qu’elle attend un bébé se comporte comme l’enfant jaloux qui se détourne de sa mère parce qu’elle lui a donné un petit frère.

Ces petits troubles caractériels n’ont, généralement, aucune gravité. Mais s’ils se prolongent anormalement, ils peuvent constituer un symptôme d’une grave maladie naissante, la schizophrénie. (V. fixation, régression, schizophrénie.)