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Colère

Emotion subite, de tendance agressive, qui se manifeste par une vive animation expressive, gestuelle et verbale, parfois incontrôlable. (Sénèque a écrit, dans son De ira, qu’elle est une « folie passagère ».) — Classiquement, on distingue la colère pâle ou livide et la colère rouge, ainsi définies par la coloration du visage. Chez les enfants, on observe des « colères blanches » qui tendent à la syncope.

La colère survient dans des situations de frustration, quand l’individu se révèle incapable de les dominer. Dans notre culture, un homme trompé, qui s’aperçoit de son infortune, se met en colère. Elle correspond à un essai magique de modification du monde humain. Chez certaines personnes faibles ou névrosées, elle offre aussi l’occasion d’affirmer leur personnalité mal assurée. Quand on n’ose pas affronter le sujet de la colère, un déplacement s’effectue sur les choses ou les êtres sans défense les enfants ou les animaux. Les « bourreaux domestiques » sont souvent des individus pusillanimes , qui « passent leur colère » à la maison et se vengent ainsi des injures reçues La psychanalyse y décèle une régression au stade sadique-anal.

Sous l’influence de l’éducation, l’être humain apprend la maîtrise de soi, il apprend à contrôler les expressions motrices et verbales de la colère. Pourtant, certaines fureurs explosent au moindre prétexte. Elles sont, dans ce cas, le fait d’individus prédisposés, qui présentent une fragilité organique, par suite d’un dérèglement endocrinien (quand la glande thyroïde ou les surrénales sont trop actives), ou une déficience du système nerveux central comme dans l’épilepsie ou l’alcoolisme chronique. Les états coléreux s’accompagnent par fois, d’un obscurcissement d’e la conscience, qui peut ne laisser aucun souvenir (V. sadique-anal)