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Complexe (Psychologie)

Ensemble de tendances inconscientes qui détermine les attitudes d’un individu, son comportement, ses rêves, etc. — Ce terme, proposé par Bleuler, fut adopté par S. Freud et par tous les psychanalystes. Apparu vers les années 1920-1930, il connut rapidement une très grande popularité. Pourtant, le contenu de ce concept reste encore, pour beaucoup de personnes, assez flou. Les unes pensent qu’il s’agit d’un conflit intérieur, opposant la conscience morale aux pulsions sexuelles et agressives. Les autres, qu’il est causé par un choc intense, de nature sexuelle. Presque tout le monde pense que c’est un phénomène morbide. Mais il n’en est rien. Dans la terminologie psychanalytique, ce mot recouvre une combinaison de traits personnels, de désirs, d’émotions, de sentiments, d’attitudes affectives contradictoires, pratiquement toujours inconscientes, le tout organisé en un ensemble indissoluble, et faisant partie intégrante de la personnalité. Les complexes se forment dans les premières années de la vie, dans le milieu humain particulier d’un individu déterminé. A leur base, on retrouve toujours le couple amour-haine. Contrairement à ce que l’on pense habituellement, ils ne sont pas pathologiques, mais ils peuvent le devenir à la suite des modifications qu’ils subissent ou d’hypertrophies secondaires.

Quand ils ne se résolvent pas normalement, ils entraînent des troubles caractériels chez l’enfant et se prolongent par des désordres nerveux chez l’adulte. Chaque événement important de l’histoire d’un enfant est susceptible de déclencher la formation d’un complexe. La naissance d’un cadet dans une famille, par exemple, entraîne une série de modifications dans les attitudes de chacun de ses membres.

Par la force des choses, la maman, accaparée par les soins à donner au nouveau-né, se détourne de son aîné. Celui-ci, se sentant frustré, devient jaloux et agressif à l’égard du puîné. Il en veut aussi à Sa mère qui se détourne de lui. Agité de sentiments contradictoires, d’amour et de haine, de désirs de réconciliation et d’agression, il est anxieux. Parfois, il régresse, ne veut plus aller à l’école maternelle, se procure des satisfactions auto-érotiques, recommence à parler comme un bébé et à mouiller ses culottes. C’est, pour lui, une expérience pénible, trauma-tique, qui détermine sa conduite et la formation d’un c complexe d’intrusion s (Lacan). Par la suite, tout peut rentrer dans l’ordre, mais dans son psychisme il reste une trace, qui est susceptible d’être réactivée par de nouvelles expériences, à peu près similaires. Il devient sensible à l’injustice, révolté, autoritaire ou soumis, égoïste ou altruiste, selon le tempérament et l’éducation; son caractère se forme en fonction de la situation frustrante, sa personnalité s’organise et intègre les motivations et les conduites complexuelles. La protestation inconsciente contre la présence de I’ « intrus » peut se transposer, des années plus tard, dans le domaine social, et se manifester, par exemple, par l’incompatibilité d’humeur avec certaines personnes, ressenties comme étant rivales. (V. auto-érotisme, castration [complexe de], infériorité [complexe d’), Œdipe [complexe d’), sevrage.)