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Conditionné (réflexe)

Réponse de l’organisme à un signal neutre (sonnerie, petite ampoule qui s’allume…) après que celui-ci eut été fréquemment associé à l’excitant naturel, seul capable, à l’origine, de provoquer ce réflexe. — Si je donne un léger choc sur la patte d’un chat, il la retire : c’est un réflexe naturel de défense, un réflexe inné, qui n’a pas été acquis par dressage. Le choc est l’excitant normal et le retrait de la patte la réaction de l’organisme. Mais Si je répète fréquemment cette expérience en la faisant précéder immédiatement d’un signal neutre (coup de sifflet ou sonnerie) qui annonce le choc, il finit par se produire un transfert de pouvoir de l’excitant naturel au stimulus artificiel. On peut remarquer, en effet, après un certain temps, que la sonnerie seule entraîne la même réaction de défense de l’animal que le choc lui-même : un réflexe conditionne s’est établi. On doit au psychophysiologiste russe Pavlov (1897) et à ses élèves’ l’étude scientifique de ces phénomènes qui sont à la base de l’acquisition des habitudes et d’une grande partie de notre comportement. En réalité, le domaine des réflexes conditionnés paraît infini. Par cette méthode, on a pu dresser des protozoaires’ (amibes) à fuir une région déterminée de leur espace; d’autre part, il a été démontré que même la résistance d’un organisme aux microbes est un réflexe capable d’être conditionné (Metalnikov, 1928). En effet, Si l’on inocule des microbes peu dangereux à un chien, celui-ci réagit par la production d’anticorps (substance défensive). Et si l’on associe un léger choc électrique à l’injection, on constate que cette excitation suffit à entraîner la formation des mêmes anticorps. L’électricité devient, dans ce cas, chargée du pouvoir des microbes, elle apparaît comme un stimulus conditionnel. (V. Pavlov.)