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Conscience

Ce terme a plusieurs sens. La conscience de soi est la connaissance que chacun possède de son existence, de ses actes et du monde extérieur. La conscience, qui coordonne les données de nos sens et de notre mémoire, qui nous situe dans l’espace et le temps, n’existe pas en tant que fonction particulière, organisée et ayant un « siège » dans le cerveau. Elle est sans intériorité ni extériorité, elle est rapport au monde perçu. Il n’existe pas de conscience en soi; il ne peut y avoir que conscience de quelque chose. Ainsi que le dit M. Merleau-Ponty, « loin d’être personnelle, la conscience est milieu d’univers ». La conscience-connaissance comporte des degrés que la méthode introspective (auto-observation), l’observation objective du comportement et l’électroencéphalographie, qui enregistre et analyse les ondes cérébrales, permettent d’étudier. D’après le professeur J. Delay, pour qui conscience est synonyme de vigilance, il existe un faisceau concordant de données, grâce auxquelles on peut décrire sept niveaux différents entre la conscience et l’inconscience. Le plus élevé correspond aux émotions fortes, où la vigilance est excessive, tandis que le niveau le plus bas est le coma, où les excitations sensorielles ne provoquent plus que de très faibles réactions motrices. Entre ces deux extrêmes se situent la vigilance attentive, la vigilance détendue, la rêverie ou l’endormissement, le sommeil léger avec ses rêves, et le sommeil profond. Ce que l’on a coutume d’appeler conscience se limite aux niveaux précédant l’endormissement. Au-delà, la conscience n’est pas abolie (puisque l’on rêve et qu’on s’en souvient, puisqu’une mère reste sensible à l’appel de son enfant), mais la pensée est surtout fixée sur les pulsions et l’affectivité. Si la conscience n’a pas de structure propre ni de siège localisé, les états de conscience n’en sont pas moins en rapport étroit avec l’état et l’activité des centre cérébraux. (V. affectivité, inconscient, mémoire, pulsion, rêve.)