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Débilité mentale

état permanent, congénital ou précoce, d’insuffisance intellectuelle. — La débilité mentale entraîne une incapacité sociale qui peut, dans les cas les plus graves, justifier l’institution d’une tutelle. Par suite de son défaut d’intelligence, le débile est inadapté à la société. Manquant de discernement, naîf et influençable, il se révèle parfois dans l’impossibilité de subvenir à ses besoins et de prendre soin de lui-même. Il est alors nécessaire de le placer dans un établissement approprié à son état. Le dépistage des débiles mentaux n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire. Certains individus dociles, bien éduqués, possédant une excellente mémoire et une grande facilité verbale, ont des connaissances générales étendues qui font illusion. On a l’impression qu’ils sont intelligents, alors qu’ils ne le sont pas vraiment. En effet, dans la vie sociale et pratique, ils se comportent comme des sots. A l’opposé, d’autres personnes, ternes, effacées, timides, ont un bon niveau intellectuel, alors qu’on aurait tendance à croire le contraire. leur attitude peut être conditionnée par une infirmité sensorielle (forte myopie, surdité partielle…> ou motrice, par un complexe névrotique (sentiment d’infériorité…) ou, tout simplement, par un manque de culture dû au milieu socio-économique déficient dans lequel ils ont été élevés (sous-prolétariat rural ou urbain, orphelinats…).

Les psychologues utilisent la méthode des tests pour apprécier aussi précisément que possible le niveau intellectuel des personnes examinées. Pour ces spécialistes, la débilité mentale peut se définir statistiquement, par référence à la moyenne de la population générale : elle. correspond à une distance minimale de deux fois l’écart type au-dessous de cette moyenne. En d’autres termes, un débile mental se situe dans l’aire de la courbe qui comprend les 2,2 p. 100 inférieurs de la population totale; son quotient d’intelligence est égal ou inférieur à 68 à l’échelle de Wechsler (dans une étude datant de 1961, le Suédois H. O. Âkesson trouve 1,8 p. 100 de débiles, dont la moitié devraient être hospitalisés). Le débile mental ne souffre d’aucune maladie particulière. C’est simplement quelqu’un qui n’arrive pas à s’adapter harmonieusement à son groupe social par suite de son insuffisance intellectuelle. (Y. complexe, écart type, hygiène mentale, test.)