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Echec

(Du persan shàh, roi), insuccès. — L’échec ne dépend pas du niveau absolu de réalisation d’une action. C’est, essentiellement, une notion subjective. On connaît l’échec quand on n’atteint pas le but fixé, lorsque nos espérances sont déçues. En général, les échecs dépriment et, s’ils se répètent fréquemment (insuccès scolaires, professionnels, sentimentaux…), sont susceptibles d’entraîner des troubles névrotiques. De nombreux individus timides, irrésolus, résignés, les subissent comme une fatalité; ils se conduisent dans l’existence comme s’ils étaient voués à l’impuissance, comme s’ils ne désiraient pas réussir. Pour certains, on dirait même qu’ils font exprès d’échouer, comme pour se punir d’une culpabilité inconsciente. Dans Guerre et paix, Tolstoï essaie de démontrer que Napoléon a échoué à Moscou par suite de ce mécanisme caché, alors qu’il pouvait remporter une victoire totale sur les Russes (« Si le but de Napoléon avait été de perdre son armée, il n’aurait pas inventé d’autres moyens… ») [V. culpabilité, Succès.]