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Enfance

Période de la vie qui s’étend de la naissance à l’adolescence. — Sous l’impulsion de la psychologie moderne, l’enfant n’est plus considéré comme un adulte auquel il manque les connaissances et le jugement, mais comme un individu ayant sa mentalité propre et dont le développement psychologique est régi par des lois particulières.

L’enfance est l’étape nécessaire à la transformation du nouveau-né en adulte. Plus l’on remonte l’échelle zoologique, plus la durée de l’enfance s’allonge (trois jours chez le cobaye, neuf ans chez le chimpanzé, vingt-cinq ans chez l’homme, selon A. Gesell). L’être humain a besoin de cette longue période pour comprendre et assimiler les structures culturelles complexes auxquelles il devra s’adapter. A l’âge adulte, en effet, l’homme a perdu sa plasticité, son « aptitude à devenir » (Ed. Claparède).

L’enfant apprend, recrée et innove. Grâce à ses acquisitions, héritage des générations passées, il engendre le progrès :
« Même Si vous étiez dans une prison, dont les murs étoufferaient tous les bruits du monde, ne vous resterait-il pas toujours votre enfance, cette précieuse, cette royale richesse, ce trésor des souvenirs? » (Rainer Maria Ruke. » [CI. Musée pédagogique-Jean Suquet.]

L’enfance, dit GeselI, est conclusion et préface à la fois. « Dans cette période dynamique et d’une extrême richesse, où la croissance se fait dans tous les domaines à la fois, on distingue trois grands stades (que les pédagogues avaient déjà remarqués) : la première enfance, jusqu’à trois ans, la deuxième enfance, de trois à six – sept ans, et la troisième enfance, qui se termine à la puberté.

Le développement de l’enfant se fait selon un processus de différenciation progressive. Le sevrage est un des premiers faits psychologiques qui lui permettent de se différencier de sa mère et de prendre une meilleure conscience du réel. Avec les progrès enregistrés dans les domaines psychomoteur (usage de la main, acquisition de la station debout et de la marche) et verbal (mots, phrases), son univers s’élargit, ses intérêts augmentent, sa pensée s’affermit. A trois ans il découvre sa personnalité, qu’il affirme en employant les pronoms je ou moi et en s’opposant, sans motif, à autrui. A partir de ce moment ses acquisitions se font à un rythme de plus en plus rapide. (V. stade.)