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Hystérie

(du gr. hustera, utérus, parce que l’on croyait, jadis, que cette affection avait son origine dans cet organe), névrose s’exprimant physiquement. — Les crises d’hystérie : convulsions tumultueuses (désordonnées), paralysie, perte de la vue ou de la parole, etc., ne reposent sur aucune base organique (le sujet dit qu’il ne peut plus marcher, par exemple, mais ses réflexes tendineux sont conservés); d’autre part, elles surviennent pratiquement toujours en public. Longtemps incomprises (ou Moyen Age on les attribuait à une possession démoniaque, au XIX, siècle à des débordements sexuels), elles furent minutieusement décrites par Charcot, puis expliquées par S. Freud. L’hystérie est une névrose expressionnelle. Les crises ont une signification. Elles sont la manifestation, somatique et spectaculaire, de conflits inconscients. Elles ont la valeur d’un langage. Par exemple, une jeune fille de vingt et un ans, soignée par Breuer et Freud en 1882, ne pouvait plus boire dans un verre. L’analyse révéla que ce comportement était une protestation inconsciente contre la conduite d’une ancienne gouvernante qui faisait boire son chien dans un verre. Les hystériques sont des individus émotifs et sensibles, à l’imagination débordante, suggestibles, plastiques, qui voudraient toujours plaire et séduire. N’osant pas affirmer leur personnalité, ils jouent perpétuellement un rôle qui n’est pas le leur. Ils refoulent dans l’inconscient leurs affects interdits et ceux-ci, pour s’exprimer, se convertissent en symptômes corporels. Ce ne sont pas des simulateurs, mais des névrosés que la psychanalyse permet de guérir. (V. affect, conversion.)