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Magie

Art d’agir sur les êtres et les choses par certains moyens symboliques (parole, geste…) et de produire ainsi des effets extraordinaires. — Dans certaines sociétés, dit M. Mauss, celui qui veut aveugler un ennemi fait passer un de ses cheveux dans le chas d’une aiguille qui a servi à coudre trois linceuls, puis crève les yeux d’un crapaud à l’aide de cette aiguille. Chez nous, on touche du bois pour conjurer le mauvais sort. Ce phénomène social, universel et permanent, correspond à une croyance collective, a priori, dans le pouvoir d’action des êtres sur le monde extérieur, et, en même temps, à l’insécurité profonde qui subsiste au fond de chaque homme. Polycrate fait le sacrifice d’une bague d’une valeur inestimable, qu’il jette à la mer, pour conjurer, dit Gusdorf, le danger magique auquel l’expose un excès de bonheur. Un de nos jeunes patients, adolescent émotif, conjure son angoisse des examens en posant ses index sur ses narines. Comme le pense Malinowski, à propos des « primitifs », il semble que l’on a recours à la magie chaque fois que l’on aborde une tâche importante, dont on croit ne pas pouvoir venir à bout par ses propres moyens. La pensée magique joue un rôle considérable chez les malades mentaux, surtout chez les délirants.