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Méthode d’obstruction

Méthode expérimentale qui permet de mesurer la force des tendances et les attitudes devant la frustration. — Pour apprécier la valeur relative des différentes pulsions chez le rat blanc, Warden (1926) a imaginé un appareil comprenant trois parties, celle du milieu étant constituée par un plancher électrisé. De part et d’autre de l’obstacle, on place l’animal et l’appât (nourriture, boisson, raton nouveau-né, etc.), et l’on compte le nombre de passages sur la grille électrisée que le sujet motivé effectue pour satisfaire son besoin. D’après Warden et ses collaborateurs, la mère séparée de ses petits s’expose vingt-deux fois à la douleur pour les retrouver, la soif entraîne vingt passages, la faim dix-huit et la sexualité treize. — La méthode d’obstruction connaît d’autres applications. Pour étudier le comportement des rats en groupe et leurs réactions à la frustration, Mowrer plaça trois rats dans un enclos. A une extrémité se trouvait un levier commandant l’apparition de la nourriture à l’autre extrémité de la cage, de telle façon que le rat qui appuyait sur la barre était régulièrement privé du gain de son action par les deux autres. Très rapidement, cette situation provoqua une sorte do marasme collectif; aucun animal ne se décidait à agir jusqu’au moment où, la faim aidant, l’un d’eux résolut le problème : il alla appuyer sur le levier si fortement et si souvent qu’il produisit de la nourriture pour tout le groupe. Dans cette situation il se révéla être le « chef », c’est-à-dire celui qui résout les conflits et aide la collectivité à satisfaire ses besoins. (V. intelligence, leader.)