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Narco-analyse

Méthode d’investigation du psychisme par l’injection intraveineuse d’un narcotique. — En introduisant très lentement dans l’organisme un barbiturique euphorisant (pentothal, amytal…), on provoque une dissolution des instances supérieures, une obnu,bilation partielle de la conscience. Le sujet, se trouvant dans un état voisin de l’endormissement, garde la possibilité de communiquer avec l’extérieur et peut répondre aux questions qu’on lui pose. Il lui est possible, dans ces conditions, d’évoquer son passé, ses expériences, ses conflits, ses tendances, etc. Le contrôle étant aboli, au moins en grande partie, les sentiments refoulés peuvent s’extérioriser et les souvenirs que l’on croyait effacés réapparaissent avec leur charge émotive (abréaction). Dans certains cas de névroses traumatiques, la résurgence des émotions enfouies suffit à entraîner la guérison (catharsis). Malgré les succès spectaculaires enregistrés grâce à ce procédé, les psychothérapeutes répugnent à employer la narco-analyse, qui constitue une véritable effraction psychologique. Et, sans équivoque, ils condamnent son usage en médecine légale (résolution de l’Académie de médecine), car ils refusent de suivre le dangereux exemple de la Gestapo, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, usa de ce moyen pour faire parler les soldats qui avaient résisté à la torture. La narco-analyse ne doit pas être un moyen de recueillir des aveux ou des confidences. Son utilisation doit être subordonnée à l’accord du sujet, qui s’y soumettra en toute connaissance de cause. (V. abréaction, catharsis.)