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Oligophrénie

(du gr. oligos, peu, et phrên, esprit), arriération mentale. — L’oligophrénie, insuffisance du développement intellectuel, s’oppose à la démence, qui est une perte pathologique, une détérioration de l’intelligence normalement développée. Les causes de l’oligophrénie peuvent être héréditaires, infectieuses, traumatiques, ou provenir du milieu. Il existe des familles d’oligophrènes. D’après certains auteurs, si l’un des parents est arriéré, près de la moitié de leur progéniture (46,1 p. 100, Brugger) l’est aussi; Si les deux sont atteints, la proportion des enfants oligophrènes passe à 90,7 p. 100 (Reiter et Osthoff). D’autres facteurs pathogènes peuvent encore jouer, au cours de la grossesse rubéole survenant chez la femme durant les trois premiers mois de la gestation, incompatibilité sanguine (Rhésus négatif chez la mère, Rhésus positif chez le fœtus); au moment de l’accouchement traumatisme crânien (forceps), anoxie à la naissance (l’enfant ne crie pas). Indépendamment de ces causes héréditaires, taxi-infectieuses et traumatiques, il en existe d’autres, purement socio-affectives, qui peuvent perturber le développement mental du nouveau-né. Spitz a montré, en effet, que le séjour prolongé d’un bébé dans un établissement hospitalier (pouponnière, hôpital) entraînait chez celui-ci un ensemble de manifestations morbides (refus des aliments, inertie, indifférence affective, ralentissement du développement corporel, etc.), dominé par un important retard psychomoteur. Si le jeune enfant reste plus d’un an isolé, sans pouvoir établir de liens affectifs avec un substitut maternel, l’arriération mentale devient définitive. Les oligophrènes se caractérisent par le niveau intellectuel qu’ils atteignent et les performances que l’on espère les voir accomplir. Au niveau le plus bas se situent les idiots, inéducables ou à peine dressables, qui ne dépasseront jamais deux ans d’âge mental. Au-dessus, on trouve les imbéciles et les débiles profonds, semi-éducables, que l’on emploiera plus tard à des tâches simples, sous surveillance constante. Enfin, les débiles moyens et légers, éducables, susceptibles de gagner leur vie. (V. débilité mentale.)