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L’à peu prés en DRH

Certains, dans la fonction du personnel, tra­vaillent avec peu de moyens, dans un environnement indifférent à leurs efforts, quand ce n’est pas hostile. Nous pensons à tous ceux qui ont été parachutés, un beau jour, dans la fonction «personnel» sans vraie formation préalable, par une direction peu consciente.

Il nous est arrivé de voir un cadre à qui sa direction générale venait de confier la mission de mettre en place un système d’appréciation du personnel. La semaine précédente, ce cadre-là était encore chef du bureau d’étu­des dans son entreprise de bâtiment. Sa direction, quelle qu’en soit la raison, l’avait nommé sans plus de façon à la direction du personnel.

Est-il imaginable de rencontrer pareil exemple dans beaucoup d’autres fonctions ? Peut-on imaginer que ce directeur général confie la concep­tion d’un immeuble à un homme ayant pour tout bagage dix années d’expérience de comptabilité? Peut-on imaginer que ce directeur géné­ral nomme, à la tête de son service contentieux, un ingénieur sans aucune formation ni expérience juridique ?

Tant que la fonction «personnel» sera ainsi perçue, elle ne sortira pas du stade de l’à peu prés. La faute n’en est pas toujours imputable aux désignés eux-mêmes. Pareille attitude de direction générale ne date pas d’hier. Mais hier, quand elle se pro­duisait, au sein de la fonction «personnel», elle avait plutôt tendance à être déplorée. Aujourd’hui, au sein même de la fonction, pareille atti­tude est jugée par plus d’un comme ne méritant aucune critique parti­culière. Force de l’habitude, résignation ? Peut-être. Baisse de la professionnalisation ? Sûrement. Quoi qu’il en soit, l’à peu prés social a encore de beaux jours…