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ÉMOTION, RELATIONS INTERGROUPES

ÉTHOL. Attaque intraspécifique résultant de l’exacerbation d’une conduite agonistique.

L’agression représente une mobilisation orientée de l’organisme, qui débouche sur un combat, entraînant éventuellement blessures et mort de l’opposant.

À la différence de Lorenz, l’éthologie contemporaine considère rarement l’agression comme une motivation distincte, mais plutôt comme une conduite régulatrice qui survient dans une situation de concurrence entre deux individus pour l’accès à un même objet nécessaire à la satisfaction d’une fonction biologiquement importante : étendue (territoire), proie, partenaire sexuel.

Dans un cadre darwinien, l’agression re-présente la forme la plus directe de concurrence intraspécifique et concourt à la régulation démographique.

Par là, elle constitue un agent sélectif qui exclut de la descendance les animaux les moins aptes à résister
aux agressions.

Ce mode de sélection conduisant, de génération en génération, à une forme de « course aux armements », rencontre pour-tant une limitation, du fait qu’un excès d’agression, de par les blessures qu’il peut entraîner chez les deux opposants, devient contresélectif.

La communauté génétique existant entre membres d’une espèce permet alors une pression sélective qui diminue les conséquences nocives des combats ;ceux-ci prennent une forme ritualisée,minimisant le risque de blessures graves.

La sélection d’une agression ritualisée, impliquant une modification du comportement des deux individus affrontés, se
conçoit plus aisément selon un mécanisme de sélection entre sous-populations qu’à un niveau purement individuel où les rencontres s’opéreraient de manière aléatoire entre les individus.

La théorie des jeux prévoit un mode d’adaptation portant sur les conditions de déclenchement des conduites agressives.

Elle distingue trois stratégies : celle du Faucon, attaquant tout congénère, celle de la Colombe, qui cède à tout opposant, et celle du Bourgeois qui attaque sur son territoire et cède lorsque il est en dehors.

En attribuant des valeurs de coût et de bénéfice aux résultats des rencontres, cette théorie montre que la stratégie dite du Bourgeois tend à l’emporter dans une population composite et à déterminer ainsi la diffusion du comportement territorial dans le patrimoine éthologique de l’espèce.